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Comment revenir dans son corps quand on vit trop dans sa tête

  • adelaideklarwein
  • Mar 24
  • 4 min read

Il y a des personnes qui vivent presque exclusivement dans leur tête.


Elles pensent beaucoup.

Elles analysent.

Elles anticipent.

Elles comprennent.


Et souvent, elles comprennent même très bien.


Mais elles ne ressentent plus vraiment.


Ou alors par moments, de façon débordante, incontrôlable.


Et entre ces moments-là, il y a comme une distance.

Une distance avec le corps.

Une distance avec la vie.


Comme si quelque chose regardait la vie, sans être tout à fait dedans.



Ce n’est pas un problème. C’est une adaptation.


Revenir dans son corps commence souvent par une compréhension essentielle :


Si vous êtes “dans votre tête”, ce n’est pas un défaut.

C’est une stratégie.


Une stratégie qui s’est mise en place, souvent très tôt, pour vous protéger.


Quand le corps devient trop intense.

Quand les émotions sont trop fortes.

Quand l’environnement n’est pas suffisamment sécurisant.


Alors le système nerveux fait quelque chose d’extrêmement intelligent :


Il monte.


Il quitte le corps pour aller dans la tête.


C’est ce que, en psychologie, on appelle une forme de dissociation.


Pas forcément spectaculaire.

Parfois très subtile.

Socialement même valorisée.


Mais qui crée, avec le temps, une sensation de ne plus être vraiment là.


Comme l’écrit Bessel van der Kolk :


“Le traumatisme n’est pas ce qui nous est arrivé, mais ce que notre corps n’a pas pu intégrer.”


Et tant que le corps n’a pas été réintégré, la transformation reste partielle.




Pourquoi “revenir dans son corps” est souvent si difficile


Beaucoup de personnes disent :


“Je veux revenir dans mon corps.”


Mais quand elles commencent à essayer… elles repartent immédiatement dans leur tête.


Ce n’est pas un manque de volonté.


C’est que le corps, pour elles, n’est pas encore un endroit sûr.


Revenir dans le corps, c’est revenir :


à des sensations parfois inconfortables

à des émotions non digérées

à des mémoires anciennes


Et le système nerveux, lui, fait son travail :


Il évite.


C’est pour cela que forcer le retour au corps ne fonctionne pas.


Et peut même renforcer le rejet.



Ce que j’observe en cabinet


Il m’arrive souvent d’accompagner des personnes qui me disent :


“Je ressens rien.”


Et en même temps, leur corps raconte autre chose.


Une mâchoire serrée.

Une respiration coupée.

Des mains froides.

Un ventre contracté.


Le corps est là.


Il parle.


Mais la personne n’est pas encore en relation avec lui.


Alors le travail ne consiste pas à “descendre dans le corps”.


Il consiste à recréer un lien.


Un lien suffisamment doux, suffisamment progressif, pour que le corps redevienne habitable.



Revenir dans son corps n’est pas une technique


C’est une relation.


On ne revient pas dans son corps comme on exécute un exercice.


On y revient comme on reviendrait vers quelqu’un avec qui le lien a été coupé.


Avec délicatesse.

Avec respect du rythme.

Avec écoute.


C’est pour cela que certaines pratiques échouent.


Parce qu’elles sont utilisées comme des outils de performance.


Alors que le corps n’a pas besoin d’être “travaillé”.


Il a besoin d’être rencontré.



Par où commencer, concrètement


Ce qui fonctionne, ce n’est pas d’aller directement dans des sensations intenses.


C’est de commencer par ce qui est déjà tolérable.


Le contact des pieds sur le sol.

La température de l’air sur la peau.

Le poids du corps sur une chaise.


Des choses simples.


Presque anodines.


Mais qui réouvrent, petit à petit, un canal de perception.


Et surtout, sans chercher à obtenir un résultat.


Sans chercher à “bien faire”.


Simplement rester en contact, quelques secondes.


Puis repartir.


Puis revenir.


C’est ce mouvement-là qui rééduque le système nerveux.



La présence incarnée n’est pas un état, c’est une capacité


Beaucoup de personnes pensent qu’elles devraient être “présentes” tout le temps.


Mais la présence incarnée n’est pas un état permanent.


C’est une capacité.


Une capacité à revenir.


Encore et encore.


Même après s’être perdu.

Même après être remonté dans la tête.

Même après avoir évité.


Et c’est là que quelque chose change profondément.


Parce que ce n’est plus une quête de perfection.


C’est une relation vivante avec soi.



Et parfois, on a besoin d’être accompagné


Parce que revenir dans son corps, ce n’est pas toujours confortable.


Et ce n’est pas toujours possible seul.


Parfois, il faut un cadre.


Un espace.


Une présence extérieure suffisamment stable pour permettre au corps de se relâcher.


Comme l’explique Peter Levine, fondateur de la Somatic Experiencing :


“La guérison ne vient pas de revivre le traumatisme, mais de permettre au corps de compléter ce qui a été interrompu.”


Et cela se fait rarement par la tête.



Revenir dans son corps, c’est revenir dans la vie


Parce que le corps, ce n’est pas juste une enveloppe.


C’est le lieu de l’expérience.


Le lieu du plaisir.

Le lieu du lien.

Le lieu du vivant.


Et tant qu’on reste dans la tête, on peut comprendre la vie…


Mais on ne la vit pas vraiment.


Revenir dans son corps, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre.


C’est redevenir disponible à ce qui est déjà la.



Si tu sens que tu vis beaucoup dans ta tête et que revenir dans ton corps est difficile, je propose des espaces d’accompagnement où ce lien peut se recréer en douceur, à ton

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